Résumé :
Le père Latuile, un ancien couvreur, vit sa retraite avec un chat aussi gourmand de bonbons que lui. Un jour, le chat rentre, mortellement blessé et succombe à ses blessures dans une marre de sang.
Nico, un élève de CP, s’enfuit de l’école pour rechercher et punir le coupable en suivant les gouttelettes de sang laissées par le chat entre l’assassin et son maitre.
Finalement, le coupable est puni, sa boutique est saccagée et pillée par les enfants, et le père Latuile retrouve un chat, friand de biscotte celui-là.
Description
Couverture souple, 39 pages, 7 chapitres non numérotés et non titrés, texte non illustré.
Le style propre au polar est vivant et énergique, proche de l’oral.
Les relations entre les personnages sont très parlantes et les émotions sont très présentes.
Le vocabulaire peut être familier, avec quelques gros mots justifiés par le contexte et le ton des personnages. Le héros écrit aussi des phases sur les murs de la ville, avec parfois une orthographe à reprendre. Le langage familier et l’orthographe feront l’objet d’un travail particulier dans les fiches atelier oral.
Le héros entraîne le lecteur dans son enquête, où se mêlent suspens, retournement de situation, et émotions.
Thèmes abordés :
- L’injustice et le deuil :
Un commerçant tue un chat pour une raison banale ? Nico, le petit garçon est confronté à cette forme d’injustice et de violence. La tristesse du vieux couvreur le rend aussi triste et en colère.
A travers la mort du chat, le livre permet aussi aborder le thème du deuil et de la mort d’un être vivant cher. Même si il ne s’agit que d’un animal, l’enterrement dans les gouttière est un moment fort pour dire adieu et commencer un deuil pour continuer à vivre.
- L’auto justice :
Nico, un petit garçon de 6 ans, mène son enquête tout seul dans les rues de la ville.
Il rend justice seul aussi, en frappant le boucher sans sommation, et sans s’excuser non plus, même après avoir compris son erreur, puis saccage, avec ses copains de CP, la boutique du marchand de journaux, déclaré coupable sans aucun jugement, du meurtre d’un chat.
Ces actes anti-citoyens font l’objet d’un travail essentiel à réaliser en cours de lecture pendant les ateliers oraux et dans le dossier de lecture suivie.
Ses intentions sont louables, car il est bouleversé par la barbarie qui a conduit à la mort du chat et par conséquent à la dépression du père Latuile. Mais les moyens utilisés sont discutables. Ses jugement sont rendus sans appel, les sanctions sont immédiates et disproportionnées par rapport à l’acte commis, l’accusé n’a même pas pu se défendre et un suspect a même reçu des coups alors qu’il s’avérait être innocent.
Le livre permet de soulever un questionnement tel que : « La fin justifie-t-elle les moyens ? Quelle autre solution le héros aurait-il pu trouver pour punir le coupable ? Un enfant a-t-il le droit de rendre justice seul ?... ».
Il permet aussi d’évoquer en classe le système judiciaire français, les droits et devoirs des citoyens face à une injustice.
Ces différents thèmes seront abordés dans les ateliers oraux et dans le dossier lecture suivie.
- Les relations homme / animal :
Ces relation, qu’elles soient amicales ou non, motivent les uns pour vivre (Le père Latuile trouve sa raison de vivre dans la présence de ce vieux chat…), d’autres pour tuer (Dubeuf est boucher parce qu’il n’aime pas les animaux, madame Ajax maniaque de la propreté frappe le chat à coups de balais et le marchand de journaux, Monsieur Hursant blesse mortellement le chat Minou-bonbon parce que ce dernier lui vole ses bonbons) et d’autres pour mener une enquête (Nico joue le justicier mû et aveuglé par son seul désir de vengeance, quitte pour ce dernier à faire l’école buissonnière).
- L’écriture :
Nico aime tellement l’écriture, qu’il laisse ses pensées sur les murs de la ville à la craie.
De plus, l’orthographe de ses écrits est approximative ce qui permet de provoquer une observation de la syntaxe et de l’écriture lexicale de certains mots pendant les ateliers oraux et le dossier lecture suivie.